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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 11:09

5 militants viennent d'être condamnés à une peine strictement symbolique, 1000 Euros d'amende avec sursis, pour outrage au Préfet des Pyrénnées-Atlantiques par le Tribunal Correctionnel de Pau. Insupportable atteinte à la liberté d'expression ? "criminalisation du mouvement social" ? On le dira, bien sûr. Et les faits dans tout cela ?

 

Alors voilà. Indignés par l'arrestation et l'expulsion d'une famille albanaise des militants de la cause des sans-papier adressent des Mails au Préfet et comparent sa politique à celle de... Vichy. pas très original. Il est vrai que les politiques de gauche donnent régulièrement  le mauvais exemple ! A chaque fois qu'un gouvernement de droite annonce une réforme injuste, ils martèlent systématiquement "on a rien vu de pire depuis Vichy". Depuis... Nuance ! Cela signifie qu'on a jamais rien vu d'aussi grave sauf Vichy. Michel Rocard, pourtant Ambassadeur de Sarkozy, a su se faire remarquer en allant un peu plus loin dans la démesure puisqu'il a déclaré récemment  ... "depuis les nazis". Rien de moins ! Ce qui est excessif est... Ce qui me chiffonne, en outre, c'est cette occultation de la période de la guerre d'Algérie qui disparaît, et pour cause, de la mémoire des socialistes. Comme si  les droits de l'homme et les libertés publiques n'avaient pas été gravement bafouées en France entre 1954 et 1962...Mais, revenons à Pau.

  

Les militants avaient donné des détails pour affirmer  leur colère et ont évoqué les "wagons pour l'Allemagne", le "port de l'étoile jaune" et encore "la politique du chiffre comme Papon en son temps" exigeant que "cesse le scandale des rafles" et de lancer au Préfet "Cessez de vous comporter comme des bourreaux nazis". Outrancier. Comparaison n'est pas raison, on le sait. Injurieux pour le Préfet, certes, mais surtout pour les victimes du génocide où périrent juifs, tziganes, homosexuels, handicapés, résistants et militants de gauche dans des conditions innommables. Au delà de l'outrage, évident, le Tribunal de Pau a donné une petite leçon d'histoire...

Militer n'exonère pas de toute responsabilité. On ne peut à la fois se réjouir de la condamnation d'un ministre  à une peine (plus lourde) pour injure raciale et s'offusquer  d'une condamnation (très légère)  pour outrage quand les faits ont été commis par des militants.

 

Et qu'on arrête de comparer tout et n'importe quoi avec Vichy et l'Allemagne Nazie.

 

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Published by pascal cobert
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Plaisant 17/08/2010 17:57



Bonjour Maître. Votre article m’interpelle. Je pense que si on a forgé l'idéal républicain à grand renfort de mythes,
c'est bien pour qu'on puisse par moment les convoquer pour exercer sa citoyenneté. Sans pour autant militer. 


 


C'est bien à Vichy et à ses commissions de révision de la naturalisation que je pense spontanément, quand j'entends le
discours de Grenoble, pas à la Guerre d'Algérie. Parce qu’aussi sombre et honteuse ait été cette page de notre passé colonial, elle n'a pas la même force et la même résonance dans l'imaginaire
collectif national.  Parce qu’on ne l’a pas assortie du fameux "devoir de mémoire" censé à jamais nous immuniser de funestes fascinations, en
perpétuelle gestation.


 


L’Algérie, le Rwanda ou la Bosnie…  Acteurs, complices ou spectateurs… A
chaque fois que l’on manifeste de l’indignation, nous n’allons pas énumérer et hiérarchiser sur une échelle de culpabilité les nombreux épisodes au cours desquels nous nous sommes affranchis de
notre idéal des droits de l’homme.  J’ai le sentiment que c’est le « rôle civique subliminal » de Vichy et de la résistance érigé en mythe fondateur
de la République. Je n’ai pas de bagage en droit ou en sciences politiques pour m’immiscer dans ce débat sans m’y embourber devant un aréopage. Pourtant cette condamnation m’interpelle et me
choque. S’il avait fallu condamner tout ceux qui scandaient hier « des CRS SS » comme on condamne aujourd’hui cinq citoyens qui manifestent leur colère par internet…


 


Certes les faits ne sont pas aussi graves. On expulse des Roms ou des sans-papiers. On sépare parents et enfants, maris
et femmes… On n’en planifie pas le pogrom.


 


Mais les condamnés ne sont pas militants.  Mais simplement des hommes et
des femmes animés des mêmes idéaux qui poussèrent hier les justes à la désobéissance, me semble-t-il. Ils sont membres ou sympathisants du RESF, qui est plutôt une nébuleuse qu’un mouvement
unifié.


 


Crier « Vichy, Vichy, Vichy » est-ce une marque d’indigence culturelle ou bien un manque d’originalité ? Je pense qu’il
s’agit davantage d’une réaction – certes naïve ou maladroite - mais sincère des Français attachés à la République et pénétrés de ses idéaux, et surtout exaspérés de voir les brèches se multiplier
: laïcité « positive », débat sur l’identité nationale, etc…


 


Comment ne pas éprouver un profond et indicible malaise devant la rhétorique de stigmatisation des roms, des mineurs
délinquants et de leurs parents irresponsables, des polygames, racailles et autres « pauvres cons », dont vous conviendrez qu'il va être délicat d'en définir la catégorie sur un plan
juridique.


 


C'est bien l'étoile jaune que m’évoque les amalgames volontairement et dangereusement répétés entre "immigration" et
"délinquance", et ces procédés de désignation de boucs émissaires. Il suffit juste de remplacer "immigration" par "juif" dans le texte.  C'est bien
avec le caractère spectaculaire et gesticulatoire, avec la prolifération des arsenaux répressifs propres aux régimes fascistes et xénophobes que je fais le parallèle. 


 


Parce que c'est de l'ordre de l'émotionnel et du viscéral, pas du cognitif. Parce que nous sommes des citoyens et qu’on
nous demande d’exercer notre citoyenneté avec ce qu’on nous on nous a enseigné. Et que je vois dans cette histoire un déni de démocratie. Pourquoi Michel Rocard, lui, ne serait-il pas également
condamné pour outrage ? Parce qu’il sera sûrement moins aisé pour le plaignant de conduire devant le juge une personnalité politique qu’un simple pauvre con de citoyen.  Bonne soirée.


 


Thomas Plaisant



gégé 17/08/2010 10:14



"The Times" n'a pas d'états d'âme :


Sarkozy expels Roma to spark memories of Gestapo


BILOUTE du VIMEU 13/08/2010 15:12



Sans  commentaire ….


La Maison d'Izieu


Au matin du 6 avril 1944, les 44 enfants et 7 éducateurs qui s'y trouvaient furent raflés sur ordre de
Klaus Barbie, responsable de la Gestapo de Lyon, et déportés. À l'exception de deux adolescents et de Miron Zlatin, fusillés à Reval (aujourd'hui Tallinn) en Estonie, le groupe fut déporté à
Auschwitz. Seule une adulte, Léa Feldblum, en revint. Tous les autres furent gazés dès leur arrivée.


En 1987, au lendemain du procès de Klaus Barbie, déclaré coupable de ce crime contre l'humanité, se
constitue autour de Madame Sabine Zlatin et du préfet Wiltzer, l'association du Musée-mémorial d'Izieu.


François Mitterrand, alors Président de la République,  inscrit le projet parmi les Grands
Travaux.  Il inaugurera la Maison d'Izieu le 24 avril
1994 en présence de nombreuses personnalités, dont Jacques Chirac.


La Maison d'Izieu est, avec l'ancien Vélodrome d'Hiver et l'ancien camp d'internement de
Gurs, l'un des trois lieux de la mémoire nationale des victimes des persécutions racistes et antisémites et des crimes contre l'humanité commis avec la complicité du gouvernement de Vichy dit "
gouvernement de l'État français " (1940-1944), reconnus par le décret  du président de la République du 3 février 1993.


 



BILOUTE du VIMEU 13/08/2010 15:03



VICHY  au  cas  où  certains 
ne  sauraient  pas :  un témoignage  parmi d’autres  aussi  poignants !


Pendant cinquante ans, Denise Holstein a gardé le silence par pudeur à l'égard de son mari, de
ses filles. Et puis, elle s'est enfin décidée à témoigner sur le long voyage de ses enfants gazés à
Auschwitz : quarante et un jeunes enfants juifs raflés par les nazis dans le foyer de l'Union Générale des Israélites de France à Louvecienne. Denise a 17 ans. Elle est la plus âgée du groupe.
Après quelques jours à Drancy, elle s'entasse avec ses enfants, à soixante par wagon à bestiaux, dans un convoi de 1300 personnes pour
Auschwitz. Les enfants de Denise seront gazés dès leur arrivée. Elle, elle survivra.  Et puis, elle racontera, parcourant inlassablement la France pour témoigner dans les collèges et les
lycées. « Sans doute, est-ce quelque chose que je devais à mes parents avec lesquels je fus arrêtée, aux enfants de Louvecienne et de Drancy avec lesquels je fus
déportée et à celles de mes camarades qui n'eurent pas, comme moi, la chance de revenir d'Auchwitz et de Bergen-Belsen ».



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  • : Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
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