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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 16:03
C'est donc le grand choc de la moralisation. Après avoir exposé sans la moindre pudeur ses fortunes, le gouvernement va s'attaquer aux conflits d'intérêts au sein des assemblées. Un grand coup de balai, nous promet-on,. Après avoir moqué Martin Hirsch qui avait écrit un bouquin sur la question et François Bayrou qui avait mis ce sujet au coeur de sa campagne présidentielle. Bref, on va en finir avec le mélange des genres. Si, si...
 
Comment peut-on admettre qu'un député ouvrier puisse voter une loi qui diminue le temps de travail, interdise les licenciements boursiers et que sais-je encore ! Je plaisante... Il n'y a plus d'ouvriers au Parlement !
 
De fait depuis des années, on s'est habitué à voir, par exemple, au Sénat un marchand d'arme s'intéresser de très près au budget de la défense nationale ou un patron de presse mettre son nez sur les aides publiques à la presse. Le gouvernement va donc établir une liste de métiers que les parlementaires ne pourront plus exercer le temps de leur mandat. Et on parle avant tout des fameux "avocats d'affaire". Quelle affaire ! Mais, c'est quoi au juste, un avocat d'affaire ? C'est là que cela se complique. On comprends bien de quoi il retourne. Ces politiques qui ont enfilé la robe pour vendre leur carnet d'adresse et leur réseau d'influence mais jamais ne plaident ou ne proposent un conseil juridique. Et à quel prix ! On se souvient de DSK, qui a aussi été avocat, réclamer 593.000 Francs d'honoraires pour un simple coup de fil... On nous dit que Jean-François Copé, en sus de son mandat à la tête de l'UMP, celui de député et de maire, exerce la profession d'avocat une demie-journée par semaine pour une rémunération mensuelle de 20.000 €. Ces élus-avocats sont sollicités par de gros clients pour soutenir des amendements en leur faveur lors des débats parlementaires. C'est gênant...
 
Avocat d'affaires ou avocats affairistes ? Difficile de faire le tri. Le problème c'est que nul n'est inscrit au barreau sous l'intitulé "avocat d'affaires". Nous sommes une profession unie et indivisible... Si, si. On ne pourra donc interdire aux élus la profession d'avocat d'affaires. Mais le vrai problème c'est que ces professionnels des "affaires" aient le titre d'avocat qui leur procure la protection du secret professionnel. La ministre de la Justice vient, enfin, d'abroger le décret pondu par le gouvernement Fillon permettant aux politiques d'intégrer directement les barreaux. C'est bien. Mais, il faut aussi que le barreaux fassent preuve d'une plus grande vigilance. C'est un autre débat. 
 
Sinon, la question des conflits d'intérêts au Parlement n'est guère nouvelle. Loin de là !
 
 
 
 
 

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commentaires

micheton 18/04/2013 12:22


C'était un débat sur Maastricht ou le TCE de 2005 ?


Ca confirme l'adage : "l'histoire ne se répète pas mais elle bégaie".


Super moment de politique. la fiction dépasse notre réalité politique bien terne.


Un seul truc à enlever : les allusions sur la banque israëlite...Quant à celle sur les rois nègres, je crois,  qu'à cette époque, ça posait moins de problème (ce qui en soi n'est pas une
bonne chose mais bon...)

Abel 17/04/2013 18:15


Jean Gabin me semble un peu plus vigoureux que Super Ayrault, non ?

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