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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 14:12

Ambiance fin de règne. En dépit d'un avis défavorable du pourtant timide Conseil National des Barreaux on a pu lire dans le Journal Officiel ce décret daté du 3 avril:

 

 "Art. 97-1. - Les personnes justifiant de huit ans au moins d'exercice de responsabilités publiques les faisant directement participer à l'élaboration de la loi sont dispensées de la formation théorique et pratique et du certificat d'aptitude à la profession d'avocat."

 

Qu'est ce que cela veut dire ? Tout simplement que députés, sénateurs, ministres et tous les collaborateurs de ces illustres personnages pourront du jour au lendemain, sans la moindre préparation et formation, ni le moindre contrôle des connaissances, exercer la profession d'avocat. Certes, il faut bien recycler tous ceux qui seront chassés des Palais dorés de la République à l'issue des élections, mais pourquoi donc les recaser dans la belle profession d'avocat ? Pourquoi pas médecin, chirurgien, ou pilote d'avion ? Ou chanteur d'opéra, chef d'orchestre ... Certes, nous le savons, nous ne les verrons pas dans les prétoires défendre les orphelines. Ils vont vendre leur carnet d'adresse à des cabinet d'affairistes. Comme le bon Jean-François Copé qui pour une demie journée par semaine percevait pas moins de 30.000 € pour quelques conseils et deux ou trois coups de fil dans un gros cabinet d'avocat. Bref, ils ne sont pas des défenseurs mais des lobbyistes. Et le titre d'avocat leur permet d'échapper à des poursuites pour d'éventuels conflits d'intérêt. Avocat, ce n'est plus un métier ou une vocation, c'est une protection ! Nous aurons donc des "avocats" qui ne connaissent rien du fonctionnement de la justice et des procédures mais qui interviendront pour mettre en relation des personnages importants qui transigeront ou feront pression pour faire passer décrets et lois favorables à leurs clients. Bref, ce ne seront pas des avocats même si ils en porteront le titre. Certains feront peut être le boulot. Et on entendra une Nadine Morano plaider avec délicatesse: "Quooooi !!! Qu'est-ce qu'il a dit le Proc ? Ca va pas, non ! Eh, Vot' Honneur, faut pas écouter c'connard !". Avocat ? C'était un beau métier...

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commentaires

bouboul 07/04/2012 21:44


ça n'était pas déjà possible ?


De Villepin (aux frais de Véolia et EDF), Mamère, Dati, Coppé,... aucun n'a de formation d'avocat et cela ne les empêchent pas de faire prospérer leur carnet d'adresses...


le droit ? la loi ? la déontologie ? quelle foutaise ! seuls les naïfs y croient...


parlez-nous plutôt des réseaux. voilà du sérieux.

yado 07/04/2012 20:18


ce n'est pas nouveau comme phénomène


B. Roman a prêté serment après son passage à la tête de la commission des lois

BILOUTE du VIMEU 07/04/2012 14:52


Les  juristes  du  ministére  sont  souvent  des  mercenaires   sans  expérience  ni  éthique ; OUF  le  conseil de l'
ORDRE  va  cogner  .... 







 





















AVOCATS
Le CNB forme un recours contre le décret « passerelle » du 3 avril 2012




Par Alfredo Allegra | LexTimes.fr | 6 avril 2012 09:41



 












« J'ai demandé au président Didier Le Prado de former un recours devant le Conseil d'État contre le décret "passerelle" du 3 avril 2012 [compte
tenu de] l'imprécision de [sa] rédaction », écrit le président du Conseil national des barreaux (CNB) Christian Charrière-Bournazel dans un Flash actualités diffusé hier
soir.

Le décret litigieux dispose que :

« Les personnes justifiant de huit au moins d'exercice de responsabilités publiques les faisant directement participer à l'élaboration de la loi sont
dispensées de la formation théorique et pratique et du certificat d'aptitude à la profession d'avocat ».

Ayant « pris le soin de faire porter aussitôt au ministre de la justice [...] la motion votée en assemblée générale [les 23 et 24 mars] » par le CNB qui représente les 54 000
avocats de France, M. Charrière-Bournazel se plaint du peu d' « égard » dont a fait montre à son endroit le ministre Michel Mercier.

Le président du CNB critique la « totale imprécision » de l'expression « exercice de responsabilités politiques » et se demande si cela recouvre de « de simples
fonctionnaires ayant travaillé dans le service de la législation d'un ministère » ou s'il s'agit « d'élus de la Nation ».

L'expression « faisant directement participer à l'élaboration de la loi » n'est pas, non plus, aux yeux du CNB, très limpîde et on ne sait si elle vise « les rédacteurs
chargés de préparer les propositions ou les projets de loi et/ou, sans distinction, tous les parlementaires, quelles que soient les commissions où ils ont été appelés à siéger et quant
bien même ils n'auraient que rarement assisté à des débats en Assemblée, donnant leur pouvoir à un collègue pour voter à leur place la plupart du temps ».

Ce décret sème le trouble pour le président du CNB qui a l'impression que l'on a voulu à tout prix, dans l'urgence, « trouver un point de chute pour d'éventuels recalés des
prochaines élections législatives » et qu'il aurait été préférable de préciser que cette passerelle s'adresse aux députés, sénateurs et ministres « titulaires d'au moins une
maîtrise en droit et ayant pendant huit années travaillé effectivement, en raison de leurs qualités de juristes, à l'élaboration de textes législatifs » et doit s'y ajouter la
condition « d'une formation d'au moins vingt heures en déontologie préalable à l'admission au barreau ».

« Ni parti pris ni méchanceté ni jalousie ni frilosité », tient toutefois à préciser M. Charrière-Bournazel mais seul désir que « ceux qui nous font l'honneur de nous
rejoindre, loin de banaliser le nom que nous portons, nos rendent au contraire fiers de les compter parmi nos nouveaux confrères ».





BILOUTE du VIMEU 06/04/2012 16:49


Tous  les  syndicalistes  comme  ceux  de  SEA  FRANCE  aussi  puisque  ils  sont dans les  commissions  paritaires  ...
les  prudhommes  etc... 


Et  les  prévenus  pourquoi pas  puisque  ils  participent  à  la  jurisprudence  par leur  recherches  en matiéres 
criminelles  en  apportant  à la  justice par leurs travaux  pratiques  des  cas  d'écoles  toujours  nouveaux  et  imprévus  ...


On  croit réver  ...  La FRANCE  se  suicide  et  personne  ne le voit  !!!

jean louis Deknudt 06/04/2012 15:28


Je crois que l'avocat est le seul métier qui vous permet d'accuser les autres si votre client perd son procès et d'en titrer les lauriers dans le cas contraire. De ce point de vue là... Il n'y a
guère de différence avec la politique !

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  • : Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
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