Coup de chaud sous le casque pour un débat animé sur Europe 1.
Jean-Marc Morandini m'avait invité à débattre avec Patrick Gluckman, conseiller socialiste de Paris, et Guillaume Perrault du Figaro. Surprise, lorsque nous évoquons la baisse de la TVA dans les
bars et restaurants sans la moindre assurance de contrepartie, l'élu socialiste se lance dans un éloge des bienfaits du libéralisme sans contrainte et une confiance aveugle aux lois du marché. Je
m'en étonne. Pour un socialo, tout de même... Il insiste et complète "Le libéralisme, c'est la liberté" Le journaliste du Figaro en appelle à plus de contrôle de l'Etat et se méfie de l'influence
des lobby. Je partage l'analyse de Guillaume Perrault et Jean-Marc Morandini s'étonne qu'un socialiste soit le seul à approuver cette situation. Il s'agit d'une vieille promesse électorale de
Chirac qui n'avait pu aboutir de sorte que les bistrotiers avaient obtenu des aides substantielles, sans contrepartie. En maintenant, en plus, la TVA diminue. Pourquoi eux alors qu'il y a plus
malheureux en France que les gérants de bars et de gargotes ? Par ce que le lobby est puissant. La conséquence ? Une perte de rentrées fiscales à l'heure où les caisses sont vides et que l'Etat
va devoir emprunter...
On parle forcément du Front National et de l'union sacrée pour "faire barrage au Front National" à Hénin-Beaumont. Justement, ce "barrage au Front National" comme seul programme, c'est un peu
maigre et il ne sert qu'à cacher la responsabilité du PS dans ce désastre. C'est le PS qui a construit la force du FN dans cette triste ville du Pas de Calais en soutenant des candidats peu
recommandables avec pour seul mot d'ordre "C'est cela où le fascisme !". Et l'élu de "gauche" vide les caisses, dilapide les fonds publics et se retrouve en prison alors qu'il a été soutenu par
le PS jusqu'à la veille de sa mise en examen renforçant ainsi durablement l'extrême droite qui dénonce la corruption.
Un petit mot sur le fameux emprunt Sarko. Surprenant que la gauche ne profite pas de l'occasion pour participer au débat et décliner les priorités nationales et les grands choix stratégiques.
Non, le PS préfère s'opposer au principe même de l'emprunt alors qu'il militait lui même pour un grand emprunt européen, il y a à peine 15 jours. Patrick Gluckman confirme qu'il n'y a pas
lieu de débattre du fond mais de combattre cet emprunt, par principe, et qu'il ne faut pas confondre l'emprunt national avec un emprunt européen. Bof...
Pour finir, un petit commentaire sur le report de l'âge de la retraite. Donc, il faut dit-on fixer la retraite à 67 ans car il n'y a pas suffisament d'emplois pour payer les retraites. Sauf qu'à
peine un tiers des plus de 55 ans ont un boulot. Et, aujourd'hui, avec la retraite à 60 ans, un demandeur d'emploi de cet âge n'est pas indemnisé par les ASSEDIC. Si la retraite est reportée à 67
ans, sera t-on en mesure de payer des indemnités de chômage à tous ceux qui seront dépourvus d'emploi jusqu'à cet âge ? Sûrement pas !
Bon, prochaine causerie dans le poste le 8 juillet.
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