Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /Mai /2009 09:52


Un peu d'analyse juridique ne peut nuire à la santé. Alors consacrons quelques instants, sans tartufferie, à une discussion de droit comparé.

Après s'être longuement penché sur le sein de Janet Jackson, les austères magistrats de la Cour Suprême des Etats Unis ont gaillardement décidé de refaire examiner la délicate affaire par une Cour d'Appel. Un sein (siliconé...) et un seul, le droit, dévoilé en direct à la télévision en 2004 à une heure de grande écoute, comme on dit (quoique ce ne sont pas les oreilles qui ont été choquées...). Et, l'équivalent de notre CSA, la Commission Fédérale de régulation des Communications avait infligé à la chaîne CBS une amende de 550.000 dollars. Une bagatelle ! Mais la Cour de Philadelphie désapprouvera la sanction en relevant que la responsabilité de la télévision ne pouvait être retenue s'agissant d'un incident indépendant de sa volonté. Le gouvernement a, alors, saisi la Cour Suprême en soutenant que la nudité publique tombait sous le coup des interdictions en matière d'indécence. Et l'affaire du sein rebondit ! Les gros bonnets de la Cour Suprême, donc, au motif que la grossièreté est interdite à la télé demandent à de nouveaux juges de se saisir du sein de la chanteuse.

Si vous souhaitez examiner de plus près le dossier, il n'y a qu'à cliquer, ci-dessous...


Imagine t-on une telle procédure en France ?

Un an plus tard, Sophie Marceau eut à son tour un petit problème de bretelles lors du Festival de Cannes. Aucun procureur aigri n'a pensé lancer des poursuites en brandissant le vieil article 33O du Code Pénal réprimant l'outrage public à la pudeur immortalisé au théâtre par le brave Courteline devenu depuis le délit d'exhibition sexuelle de l'article 222.32 du code. L'apparition du sein gauche (naturel...) de l'actrice et la diffusion télévisuelle de l'incident n'a connu aucune suite judiciaire.
Rappelons à ce stade le célèbre arrêt de la Cour de Cassation prononcé en 1965: "Le fait, pour une jeune femme, de se livrer en public au jeu de "ping pong", vêtue d'un simple cache-sexe, les seins entièrement nus, s'analyse en une exhibition provocante de nature à offenser la pudeur publique et à blesser le sentiment moral de ceux qui ont pu en être les témoins" Comme c'est beau le langage judiciaire ! Bon, nous étions alors sous la tutelle du Général et de tante Yvonne . Avec Carlita, les temps ont changé et les moeurs sont plus tendres. On ne poursuit plus désormais en justice pour un sein qui s'échappe ou qui s'évade afin de s'offrir à la vue involontaire du public, généralement ravi. Précisons cependant que peu importe l'intention délictuelle, cela ne pèse nullement dans la balance, même si elle ne l'a pas fait exprès, il appert que demoiselle Marceau n'a pas pris les précautions nécessaires et suffisantes pour éviter l'outrage. Si, si, cette position se soutient aisément... Le procès était possible, mais nul n'a voulu souffrir de ridicule. Le CSA quant à lui n'a nullement envisagé de sanction.

Cette semaine à Paris, une dizaine de militantes féministes du groupe "les tumultueuses" se sont introduites dans une piscine torse nu pour dénoncer la différence entre hommes et femmes. Sans réaction des forces de l'ordre... Autre temps, autres moeurs...

Revenons à Sophie Marceau, pour ceux qui auraient oublié, il n'y à qu'a cliquer...



Montrer un sein ne pose pas de problème, donc, mais en parler ou en chanter les louanges ? Julien Clerc qui a fredonné une mélodie évoquant les seins de Sophie Marceau a frôlé la procédure judiciaire. Rêvant d'un monde plus doux fait de courbes, Julien Clerc chantait "Faut des ballons, des cerceaux et les seins de Sophie Marceau" La légitime propriétaire de la mamelle encensée a considéré l'utilisation de son attribut mammaire galbé totalement abusive. La gorge serrée, elle se morfond:"J’ai été atrocement gênée par ce disque. Quand je l’ai reçu chez moi, je l’ai caché. J’avais peur que mon entourage tombe dessus. J’étais mal, comme si j’avais fait une bêtise. Comme si je montrais mes seins à la radio. Les seins, c’est intime, c’est érotique, sexuel, je me suis sentie dévêtue" et ajoute même"je me demande qu'elle impression cela ferait à Julien Clerc si on faisait une chanson sur son zizi..."Débat juridique passionnant. Peut-on exploiter le sein d'une femme publique sans son accord même pour en vanter les mérites ? Comment évaluer le préjudice subi par l'actrice ? Le débat eut fait le tour du globe. Malheureusement, l'affaire ne fut pas plaidée, les parties s'étant arrangées...

Par pascal cobert
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